- Pourquoi un mât ?
1. Pour tenir la structure sous charges négatives, évidemment. Sur ce point, pas de soucis, on peut s’en passer et reprendre les efforts par des haubans rigides ou autres systèmes.... C’est juste plus lourd et plus cher!
2. Pour assurer de la façon la plus fiable la stabilité de la voilure aux incidences faibles ou négatives. Dans ce but, le vrillage et/ou le reflex des profils doivent impérativement être maintenus mécaniquement. Pour cela, on utilise des cordes de rappel qui courent du sommet du mât à l’extrémité des lattes. Les avantages de ce système étant le poids réduit, une efficacité qui augmente avec la vitesse et une liberté de mobilité des lobes de la voile grâce au coulissement central.
Sans le mât, on a recours à des baguettes de calages (floatings) qui sont reprises sur le bord d’attaque avec ou sans appui sur les transversales. L’avantage est une traînée réduite mais l’efficacité a tendance a diminuer avec la vitesse du fait du vrillage de la structure sous l’augmentation des efforts. Un autre inconvénient est que les baguettes droites et gauches ne sont pas dépendantes l’une de l’autre comme les cordes de rappel. Lors de la mise en virage, si les systèmes sont réglés en hauteur au plus près du bord de fuite pour une action maximum, la baguette sur l’aile extérieure bride l’aplatissement du lobe de la voilure et la maniabilité est réduite, surtout à basse vitesse.
Aucun essai en vol ne peuvent démontrer l’efficacité de ces systèmes de rappel car leur action n’est sensible qu’au delà des limites du domaine de vol. Seuls des véhicules tests spécifiques comme celui du DHV en Allemagne peuvent tester les stabilités en tangage jusqu’à –15° d’incidence. C’est ce que nous faisons pour tous nos modèles. Le seul bémol, c’est que la vitesse maxi du véhicule plafonne aux alentours de 110-120 km/h. Au delà, cette stabilité reste du domaine des suppositions. Heureusement, les courbes obtenues avec les cordes de rappel à des vitesses croissantes mettent en évidence une moment de rappel en tangage s’amplifiant avec celles-ci. On peut donc raisonnablement s’attendre à une amélioration du couple de rappel aux vitesses qui excédent celles du véhicule..
Les systèmes de rappel sont conçus pour les manœuvres extrêmes, voulues ou non, les très fortes turbulences, les décrochages dynamiques qui peuvent amener l’aile à sortir de son domaine de vol. C’est là que leur plus ou moins grande efficacité peut faire la différence. C’est pourquoi nous préférons actuellement utiliser les cordes de rappel dont l’efficacité augmente avec la vitesse, et qui ne brident pas la maniabilité.
3. Le bilan de traînée de la câblerie supérieure d’une aile comme la BioniX fait apparaître une possibilité de gain maximum de 8 % sur la traînée totale à 120 km/h par la suppression du mât et l’adoption de haubans rigides. Ce gain est certes conséquent mais il faut le comparer à celui réalisé sur la traînée induite avec une aile comme la BioniX dont le vrillage peut être réduit à l’extrême en vol rapide grâce au système « CORSET ».
Il faut aussi également mettre en balance ce gain possible avec les 10% de poids supplémentaire dus aux haubans et aux baguettes et le surcoût estimatif de 20%.
4. Reste la possibilité du repliage de l’aile sur le tricycle et la hauteur réduite pour entrer dans certains hangars. Encore faut-il pour le premier point que le système soit réellement praticable facilement même par grand vent, sans contorsions excessives ni risque d’endommagement du matériel... Sinon, il restera toujours plus simple de poser l’aile à plat au sol ou de la replier.
En résumé, nos critères en ce qui concerne la stabilité aux incidence faibles et négatives nous imposent les cordes de rappel tant qu’il ne nous sera pas possible de la tester jusqu’aux vitesses limites des ailes. Nous pensons de plus que le bilan final n’est pas aussi favorable aux ailes sans mât qu’on ne pourrait le supposer. Nous préférons donc actuellement explorer d’autres voies dont les bénéfices nous paraissent plus larges.
- Pourquoi une surface de 15 m2 ?
La BioniX a été optimisée pour emporter des charges élevées jusqu’à 472,5 kg, tout en conservant un comportement agréable et homogène. Pour respecter la réglementation et surtout conserver de bonnes performances au décollage et à l’atterrissage à ces charges extrêmes, 15 m2 sont nécessaires. Ces 15 m2 vous permettrons de voyager en biplace, équipé d’un moteur de type Rotax 912, avec carburant et bagages, sans soucis de longueur de terrains ou de panne moteur.
Si par contre, vous voyagez le plus souvent seul, ou que vous préférez un moteur léger comme le 582, alors la iXess 13 garde tous ses atouts par sa vivacité, sa simplicité, son prix et ses performances saluées par la presse.
- La BioniX, pour quels tricycles ?
La BioniX a été développée spécifiquement pour le Tanarg avec lequel elle délivre tout son potentiel. Pour obtenir un comportement inchangé quelle que soit la charge, la portance est concentrée dans la partie centrale de l’aile, la ou les déformations sont le moins sensibles. La quille est donc plus longue que sur les autres modèles et les tricycles GTE & TREK ne peuvent pas être installés.
- D'où vient ce nom, BioniX ?
Dictionnaire Larousse :
Bionique :
• Confrontation, scientifiquement conduite, entre les inventions humaines et les processus biologiques (détection, locomotion, orientation), en vue d'offrir aux ingénieurs des modèles dont l'imitation peut être utile, et, à l'inverse, de mieux interpréter certains organes et fonctions par comparaison avec des inventions humaines.
. Voilà pour l’esprit Bionique. Nous sommes admiratifs devant les possibilités de déformations des ailes des oiseaux. Bien modestement, nous essayons de nous en inspirer…
. Le X lui vient de la lignée de nos ailes de hautes performances : SX, XP, iXess …
- Quelle diférence entre "Trim" et "Corset" ?
Un trim agit uniquement sur la vitesse de croisière à efforts nuls. En conséquence, si l’aile est optimisée pour les hautes vitesses, elle sera dure en roulis et dure à tirer aux vitesses lentes. Si l’aile est optimisée pour les vitesses lentes, elle sera trop instable en roulis aux vitesses élevées, et dure à pousser.
Avec le CORSET, la vitesse de croisière est bien entendue modifiée par la commande mais la forme de la voilure est également optimisée pour offrir à la vitesse choisie par le pilote le meilleur rendement, la meilleure maniabilité , la meilleure stabilité. La barre de contrôle reste bien placée dans toutes les configurations. Toute la plage de vitesse est réellement utilisable, avec le même agrément.
- Les dérives sont-elles indispensables ?
Oui, car la BioniX est une aile dont l’angle de nez est très supérieur à nos autres modèles et dont les capacités de vitesses sont élevées. Pour une parfaite stabilité en lacet, au-delà de 100 Km/h jusqu’à la VNE de 185 km/h, les dérives s’imposent. Stabilité en lacet signifie en pratique : faible lacet inverse, précision du pilotage en roulis, stabilité en turbulences.
- Et en cas de défaillance du CORSET ?
Le CORSET a été testé en statique à 6G. Néanmoins, en cas de défaillance, des sangles assurent la tenue de la voile au centre. Le système retournera simplement en configuration lente.
- Les "pressure" valves c'est quoi ?
Pour conserver un profil constant quelle que soit la vitesse et limiter le gonflement de l’intrados en bord d’attaque vers le bout d’aile. Ces déformations apportent de l’instabilité en tangage et en roulis à haute vitesse. Les éliminer permet de diminuer le vrillage et donc la traînée induite et de limiter la surface des dérives. Les pressure Valves profitent de la dépression en bord d’attaque d’intrados pour littéralement « aspirer » l’air entre l’intrados et l’extrados. Elles ont été inventées par l’entreprise Allemande Bautek.
- A quoi servent les "turbulateurs" ?
Pour optimiser son comportement sous charge, la BioniX concentre la portance dans la partie centrale de la voilure et utilise un profil à forte cambrure. Les turbulateurs retardent le décrochement des filets d’air pour exploiter le fort coefficient de portance du profil en accroissant l’angle d’incidence maximum et permettent surtout de conserver jusqu’au décrochage un total contrôle de l’aile. Et la trainée ? Elle est négligeable, car seule la couche limite est turbulée. L’écoulement général, lui, ne décolle pas du profil comme cela serait le cas sans turbulateurs.